L'actualité

07.03.2019

Agro-écologie au Valentin (26) : les élèves parlent aux élèves

L’agro-écologie est une science complexe. Chacun a sa propre définition et il est parfois difficile de s’y retrouver pour les élèves/étudiants, c’est pourquoi l’établissement du Valentin a décidé de renouveler l’organisation de sa « journée de l’agro-écologie » le mardi 5 février dernier.
Au début de la journée, même si les élèves et étudiants avaient déjà tous entendus ce terme : "agro-écologie", il était parfois difficile pour eux d’arriver à le définir. Selon les sensibilités de chacun, l’agro-écologie pouvait être perçue comme une évidence, comme quelques choses de très flou ou comme un mot à la mode... Pour les agriculteurs, c’est pareil. Mais pourtant, certains se sont emparés de ce concept et se revendiquent aujourd’hui clairement de ce mode d’agriculture.
Le public de la journée a ainsi eu la chance de rencontrer Samuel JACQUET, jeune agriculteur à Beaumont les Valence, qui a pu exprimer sa vision de l’agro-écologie et expliquer aux participants en quoi il se revendiquait de cette démarche. Voici quelques extraits de son intervention :
"On ne peut plus continuer à travailler comme avant [...]Il faut se battre, être curieux et aller chercher de l’information par soi-même en sollicitant les experts [...] On apprend avec l’expérience [...] Il y a une prise de risque [...] On peut se rater face à l’incertitude et la complexité qu’incarne l’agro-écologie. On teste des choses et il faut accepter de se tromper [...] Le grand public ne connait pas assez bien l’agro-écologie. Il y a une communication importante à faire autour des produits issus de cette agriculture pour sensibiliser les consommateurs".
Ensuite est arrivé le temps des ateliers où les élèves ont parlé aux élèves.
18 ateliers ont été proposés abordant la diversité des thématiques que peut rassembler l’agro-écologie, de la "fourche à la fourchette".
Les élèves et étudiants semblent avoir compris les enjeux de l’agro-écologie, qu’ils soient animateurs ou participants à la journée. Les trois piliers ressortent toujours, les mots-clefs de circuit court, corridors écologiques, agriculture biologique, territoire, collectif … et au-delà de la bonne compréhension, on a vu des élèves se compléter, partager leurs connaissances, en appui aux animateurs de manière bienveillante. Les ateliers ont poussé à la discussion et ont permis de créer un espace d’échanges privilégié entre pairs sur cette notion complexe.
Ainsi, on a pu entendre des élèves qu’il fallait "respecter un temps long et que le temps "long" n’est parfois pas le même que le temps humain. Il faut 6000 ans pour obtenir certaines mutations", "se poser la question d’où vient la production, en allant chercher dans les civilisations (Inca, Aztèques, Maya) et en faisant un voyage dans le temps", "un travail en équipe, du lien social, du lien avec des structures de R&D".
Au-delà de l’agro écologie, différentes casquettes ont été prises par les élèves qui ont animé les ateliers :
- Les animateurs de groupe font parler le groupe, les questionnent, même les plus timides
- Les innovateurs testent des choses, qui ont de réelles références scientifiques et qui innovent
- Les techniciens sont à l’aise avec leur sujet dans le contenu, sont précis techniquement
- Les militants font passer des messages forts sur l’état de notre planète et nos modes de vie
L’état d’esprit dans lequel le collectif était grâce à l’enchainement des activités de la matinée est difficile à relater.  En effet, la matinée a mis en situation de manière active l’ensemble des participants et a donc eu un impact sur la sensibilité de chacun.
Dans tous les cas, les lycéens, étudiants et apprentis se sont montrées très investis par ce sujet et dans une démarche réflexive très constructive.
La demi-journée s’est clôturée par une invitation à ce que chacun écrive un vœu pour la planète et un engagement qu'il était prêt à mettre en œuvre. L’ensemble des vœux seront rassemblés et attachés les uns aux autres sur un fil qui laissera une trace de la réflexion conduite pendant la matinée.
La journée s’est terminée par une soirée intitulée « Raconte-moi ton agriculture »... invitation au voyage grâce à deux témoins de Colombie et du Burkina Faso et à nos étudiants de BTS APV (Guadeloupe, Côte d’Ivoire, Sénégal,  Ile-Maurice et Bénin), avec pour finalité de  croiser nos regards et d’échanger autour des enjeux de l’agro-écologie de la production à la commercialisation.