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Le témoignage

20.05.2010

Alice Domaison - Esther Ferragne, de futures responsables en pleine action (Languedoc-Roussillon)

Du BTSA à la licence pro, les raisons d'un parcours et d'un aller-retour original

Alice Domaison et Esther Ferragne (de g. à d.)Alice Domaison et Esther Ferragne sont deux étudiantes de la Licence Professionnelle « Coordination de Projets en Education à l’Environnement vers un Développement Durable » à SupAgro Florac (48)

Après leur BTSA GPN Animation Nature (2007-2009) au LEGTA de Saint Chély d’Apcher (48), elles reviennent dans l’établissement pour y effectuer leur stage de Licence Professionnelle ; une démarche tout à fait originale qui vaut bien un témoignage.
Interview…

Q : Bonjour, Alice et Esther ; vous avez préparé votre BTSA Gestion et Protection de la Nature au LEGTA de Saint Chély d’Apcher entre septembre 2007 et juin 2009. Avec le recul dont vous disposez désormais, outre le diplôme, qu’en avez-vous retiré ? Qu’est-ce qui fait la force de cette formation à Saint Chély ?

AD : Ce BTSA prépare au métier d’animateur (trice) nature, mais pas seulement. Nous étions une classe, un groupe, nous avons grandi ensemble pendant deux ans. Cette période fut un enrichissement personnel, tant par rapport aux connaissances acquises que socialement. Ce qui fait la force de la formation est bien sûr le fait qu’elle se déroule en Lozère, un département riche en milieux différents que nous avons eu la possibilité de découvrir (la Margeride, l’Aubrac, les Causses, les Cévennes), un vrai support pour les cours ! Mais aussi grâce aux étudiants : nous venions tous de milieux, de régions et d’origines scolaires différents. C’est cette différence qui a fait notre force.

EF : Ayant suivi un baccalauréat général en économie, l'intérêt majeur de cette formation, à mes yeux, a été l'apport de connaissances scientifiques liées à l'environnement, ainsi que son approche technique et professionnelle. Nous avons eu l'occasion de mener divers projets concrets en animation nature avec des publics variés, ce qui nous a donné une vision réaliste et globale du métier. Pour moi, la force du BTSA repose sur la pratique du terrain et les sorties nombreuses dans l'environnement riche, diversifié et encore préservé de la Lozère.

Q : Vous êtes actuellement en Licence Professionnelle « Coordination de Projets en Education à l’Environnement vers un Développement Durable » (CEEDR) à SupAgro Florac. Pouvez-vous nous décrire cette formation et le stage qui y est inclus ?

AD : La formation se déroule sur dix mois. Pendant sept mois, nous rencontrons différents acteurs qui travaillent sur l’Education à l’Environnement pour un Développement Durable (EEDD). Différentes unités d’enseignement sont proposées, notamment sur la pédagogie, le développement durable, les courants en éducation à l’environnement, la communication, les langues étrangères, la création de projet… Puis la formation se termine par trois mois de stage professionnel. Le stage permet de réutiliser les connaissances acquises lors de la formation et de découvrir le milieu professionnel.

EF : La licence CEEDDR propose un enseignement varié : des connaissances théoriques en éducation à l'environnement et montage de projet, mais aussi des interventions de professionnels et une mise en pratique de la coordination au travers du projet tutoré et du stage. Cette année m'a permis de me positionner dans le monde professionnel de l'EEDD, d'appréhender les différentes logiques qui l'animent et d'acquérir des compétences dans le domaine de la médiation.

Q : Pourquoi avoir choisi cette poursuite d’études ?

AD : J’ai choisi de poursuivre mes études en faisant une licence professionnelle dans le but d’acquérir de l’expérience grâce aux trois mois de stage et pour approfondir et compléter des connaissances acquises en BTS. Cette licence est la suite du BTS.

EF : Cette poursuite d'études répond à deux attentes. Tout d'abord, une attente personnelle pour approfondir mes connaissances de l'éducation à l'environnement, aborder l'approche territoriale des projets et avoir une légitimité dans la prise de responsabilités. Mais aussi une attente professionnelle : au cours du BTSA, j'ai pu cerner un besoin clair en terme de polyvalence et de vision globale dans le secteur professionnel, compétences que la licence attribue et qui facilitent donc l'accès à l'emploi.

Q : Vous effectuez donc votre stage de Licence Professionnelle au LEGTA de Saint Chély. Sur quelle thématique ? Pourquoi ce sujet ?

AD : Le stage que nous réalisons porte sur la thématique du Thé d’Aubrac, une plante emblématique du plateau de l'Aubrac, pour laquelle la demande du marché local ne cesse d'augmenter. Le LEGTA de Saint Chély d’Apcher est porteur de la mission Animation et Développement des Territoires dite « ADT-Thé d’Aubrac ». Cette mission a pour objectif d'améliorer la connaissance de l'espèce et de mettre en place une expérimentation de culture en vue d'une production durable rééquilibrant l'offre cueillette/ récolte afin de répondre à la demande. Notre stage se situe dans l’un des objectifs de la mission qui est d'impulser des actions d'éducation à l'environnement pour un développement durable autour de cette espèce.

EF : Notre stage a pour but de valoriser l'EEDD comme levier du développement territorial. La thématique du Thé d'Aubrac est un support idéal pour ce projet. En effet, les enjeux qui sont liés à sa gestion durable sont nombreux, tant pour la dimension économique (appui de la filière économique du Thé d'Aubrac, création d'emplois...), pour la dimension socioculturelle (identité locale et culturelle, dynamisme et attractivité du territoire...), que pour la dimension écologique (préservation du patrimoine naturel, conservation de la biodiversité...). Au cours de ces trois mois, nous nous attachons à l'étude de propositions d'actions d'éducation et de communication autour du Thé d'Aubrac à destination des habitants et visiteurs du plateau ainsi que vers les acteurs du marché du Thé d'Aubrac.

Q : Réaliser son stage de licence dans l’établissement où l’on a été étudiantes en BTSA est une démarche inhabituelle ; n’est-ce pas un peu curieux ? Qu’en pensez-vous ?

AD : Peu de lycées peuvent proposer des stages ; je pense que c’est valorisant autant pour l’étudiant que pour l’établissement. De plus, le stagiaire connait déjà le fonctionnement de l’établissement, c’est rassurant et cela permet une adaptabilité plus rapide et plus facile pour le stagiaire. Le maître de stage connaît ses anciennes étudiantes puisque, pendant deux ans, nous avons évolué ensemble. Il peut plus facilement nous guider, nous conseiller car il sait nos points faibles et nos points forts.

EF : Si la démarche est inhabituelle, elle n'est en pas moins enrichissante. En effet, nous étions déjà familiarisées avec l'environnement local et ses acteurs, ainsi qu'avec la thématique du Thé d'Aubrac que nous avons étudiée au cours du BTSA. L'intérêt que je porte à cette thématique est d'ailleurs une des raisons principales du choix de ce stage. Ce contexte nous a permis de cerner plus rapidement les besoins du projet et les attentes de la mission ADT et d'être à l'aise rapidement dans la conduite de notre projet.

Q : Votre stage de quinze semaines se termine à la fin juin 2010. Et après ?

AD : Fin juin, la licence terminée et en poche (je l’espère !), je me consacrerai à mon travail. Je travaille depuis cinq mois pour la commune de Saint Préjet d’Allier (petit village de Haute-Loire). Je suis responsable de l’animation, de la communication et de la commercialisation du complexe touristique de la commune. La mission de mon poste est de développer le tourisme autour du patrimoine local (tant environnemental avec la faune, la flore et la géologie, qu’historique) en réalisant des activités (animations, visites guidées, offres de séjours, création de circuits sportives (VTT, randonnées…).

EF : J'espère me forger au cours des prochaines années une expérience professionnelle en coordination de projets d'EEDD dans des structures variées (associations, collectivités territoriales, entreprises) afin d'acquérir des compétences diversifiées et de faire un choix pour mon projet professionnel sur le long terme. J'ai aussi pour objectif de poursuivre mes études vers un Master, notamment pour acquérir d’avantage de connaissances scientifiques en environnement, mais pas avant de m’être essayée au monde professionnel.

Propos recueillis par Philippe Ginestet, LEGTA de la Lozère - Site François Rabelais


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